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Salles de Consommation à Moindre Risque (SCMR)

Un résumé de la présentation de François Baufay de FEDITO BXL asbl sur la gestion de "open air drug markets," autrement des "lieux où en permanence, des usagers de drogue, souvent très précarisés, achètent et consomment leurs produits dans l’espace public."

Cet article comble les connaissances scientifiques sur le traitement de la consommation de drogues selon la logique de Réduction de Risque (RdR). Il présente aussi comment cette logique s’applique dans un contexte réel, pratique et politique.

Baufay aborde la question sur les usages connexes aux drogues (la ventre et la consommation de drogues, la présence de "toxicomanes" et le traitement d’usagers) comme une question sur les modalités de gestion de l’espace public. Ces usages se manifestent à la fois comme des "problèmes" dans l’espace public mais aussi des problèmes de l’espace public. C’est-à-dire, Baufay montre comment dans notre société c’est possible de traiter la question de drogues non-pas en termes du bannissement de drogues et d’usagers de l’espace public. Les SMCRs sont les reflets d’une attitude qui voient la consommation et la gestion de drogues plutôt en termes de l’offre d’endroits de consommation sécurisés et surveillés ou le traitement de drogues et d’usagers est médicalisé, non pas réprimé.

L’article met son doigt directement sur la contradiction sous-jacente la lutte contre la toxicomanie à travers une politique de prohibition :

Le paradoxe de ces politiques répressives est qu’elles se sont menées au nom de la santé publique, alors qu’elles ont, selon de nombreuses études, des effets néfastes sur celle-ci. (6)


La "lutte contre les drogues" omet de développer l’approche qui parle de drogues en termes de risque et qui vise à réduire les risques qui s’associent à la consommation de drogues dans les populations qui ont un usage problématique avéré.
L’ouverture de la 1ère Salle de Consommation de Moindre Risque (SCMR) en Suisse pendant les années 80 s’inscrit dans une logique anti-répressive. L’Allemagne et les Pays-Bas ont ouvert des salles similaires pendant les années 90. S’ajoutent à la liste de pays offrant ce service lors des années 2000 l’Australie, le Canada, l’Espagne, le Luxembourg et la Norvège. Ces salles ont plusieurs noms — "Local de Consommation Supervisé, Salle d’Injection Supervisée, Local d’injection sous surveillance, Piquerie, Salle de Shoot, Salle de Consommation de Drogues, Salles de Consommation sous Supervision Médicale, Salles de Consommation de Drogues Assisté Médicalement, Salles de Consommation Assistées, Salles d’Injection Assistées Médicalement, Salle d’Injection à visée éducative, Gassenzimmer, Salle de santé, Fixpunt, Shooting Rooms, Safe Injection Facilities, Safe Injection Rooms, Supervised Injection Facilities, Drug Injecting Rooms, Drug Consumption Rooms..." (9). Dedans, on se retrouve dans un espace où le traitement médical doit primer plutôt que la répression policière et juridique.
Des services typiques qu’on retrouve dans les salles incluent :

Plus d’informations précises et pratiques sont présentées dans l’article : des variations sur les SCMR, des enjeux politiques qui confrontent l’installation des salles, des détails de fonctionnement, des cas de figures du Canada et d’Espagne ainsi qu’une revue sur la recherche existante sur les salles. Baufay résume ces pratiques en donnant cette liste de généralités que l’on retrouve dans la recherche :

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