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TRANSIT asbl : centre d’accueil et d’hébergement pour usagers de drogues à Bruxelles + LAIRR

- 1 Centre d’accueil et d’hébergement de crise pour usagers de drogues Transit

10 communes bruxelloises participent au finacement de Transit via leur contrat de sécurité et de prévention.

Le centre Transit, inauguré le 18 septembre 1995, est né de la volonté des bourgmestres des 10 communes de l’agglomération bruxelloise signataires d’un contrat de sécurité. La concrétisation de ce projet a donc été rendue possible grâce au soutien des autorités fédérale, régionale et communales.

La problématique de la toxicomanie ne concerne pas uniquement la répression du trafic et de la consommation mais également et surtout la mise en place d’une politique d’accueil et de ressocialisation des usagers de drogues.

Ainsi, depuis la création de Transit, l’éventuel passage de l’usager de drogues par le commissariat de police est à présent au moins assorti de la possibilité de recourir à une aide psychosociale dispensée inconditionnellement et confiée à des personnes du secteur spécialisé dans l’aide aux usagers de drogues.

En effet, tous les intervenants, tant sociaux que judiciaires, ont conscience que le vécu d’une arrestation perturbe psychologiquement les individus et que cela représente pour les usagers de drogues un moment de grande vulnérabilité. Ce moment peut être propice pour le toxicomane pour une remise en cause de sa vie et il peut ainsi peut-être manifester le désir de s’engager dans un processus thérapeutique ou encore de régulariser une situation socio-administrative parfois désastreuse. La dynamique sous-jacente étant de recouvrir une vie décente.

Peu à peu, le projet Transit, initialement conçu pour accueillir les usagers de drogues interpellés par la Police ou provenant des différents dispositifs communaux, a élargi ses objectifs de sorte que l’association est actuellement en mesure de pouvoir offrir une aide psychosociale à toute personne usagère de drogues, quelle que soit sa provenance.

Comment définir Transit et son rôle ?

Le centre Transit est un centre ouvert et non médicalisé (*) pour usagers de drogues ayant atteint l’âge de la majorité, qu’il s’agisse de femmes, d’hommes ou de couples avec ou sans enfants.

L’accueil :

Nous accueillons les usagers interpellés par les forces de police
ou de gendarmerie ou provenant des dispositifs communaux, ceux qui sont
envoyés par une instance judiciaire. Nous accueillons également les toxicomanes
qui viennent solliciter une aide de leur propre initiative sans y avoir été invités
par un autre intervenant et que nous avons qualifiés de « demandeurs
ponctuels ». En outre, nous comptons également parmi les personnes accueillies à
Transit des usagers de drogues en provenance du réseau thérapeutique (*) au sens large (suite à une rupture de contrat avec une institution ou en attente d’y entrer), envoyés par leur médecin, un centre de soins ambulatoire ou encore des pharmaciens. Enfin, des personnes nous sont également envoyées par le réseau d’aide socio-administratif (C.P.A.S., mutuelle, etc.) ou encore par d’autres structures d’accueil non spécifiquement destinées aux toxicomanes (maisons d’accueil, Samu Social, etc.).

(*) Explication de ces points en page 7

Au sein des mêmes locaux, le centre Transit a développé deux fonctions : un centre de jour et un centre d’hébergement.

Selon la demande et la situation des intéressés, l’accueil correspond à la fréquentation du centre durant la journée ou prend la forme d’une période d’hébergement de courte durée organisée en 3 phases étant donné que, comme l’indique le nom de l’institution, nous sommes un lieu de Transit.

Une première phase d’accueil de 2 jours permet de manière générale à l’usager et à l’équipe des travailleurs de faire mutuellement connaissance. Un premier bilan psychosocial est établi par l’équipe et l’adéquation de la personne au fonctionnement du centre est évaluée.
Si aucune contre-indication majeure n’est relevée, l’usager se voit alors proposer 10 jours d’hébergement supplémentaires, ce qui correspond à la phase II. En fonction de la demande de la personne, c’est durant cette phase que sont mises en place et réalisées les démarches socio-administratives propres à concrétiser son objectif ou l’orientation souhaitée.
Enfin, durant ces 10 jours, si la personne a réalisé les démarches visant à mener à bien son projet, la durée de son hébergement peut, en fonction de la situation, être prolongée jusqu’à la concrétisation totale de ce projet. Cette prolongation est ce que nous appelons la phase III de l’hébergement, laquelle peut alors soit déboucher sur une prise en charge thérapeutique (hospitalisation, centre de cure, etc.) ou sur un accès à l’autonomie (entrée ou réintégration d’un appartement, etc.).

Une de nos vocations principales est de répondre aux situations de crise vécues par les usagers de drogues et de pouvoir fournir une aide urgente dans ces moments où explosent douleur physique, souffrance psychologique et drame social.
Assurer ce rôle d’accueil immédiat exige une disponibilité constante. C’est la raison pour laquelle le centre fonctionne de manière continue, toute l’année, 24 hrs/24.

Le « bas seuil d’accès » :

Une autre particularité du centre Transit, et non la moindre, en ce qui concerne l’accueil des usagers de drogues, réside dans le principe du « bas seuil d’accès » qui équivaut à une prise en charge inconditionnelle.

En effet, pour être admis tant en hébergement qu’en centre de jour, l’usager ne doit pas être obligatoirement en possession d’une assurance soins de santé, ni disposer d’un revenu.
Il n’est pas non plus nécessaire de se présenter à des entretiens préliminaires d’admission, et/ou d’être abstinent. Enfin, l’usager peut venir solliciter une aide auprès du centre 24h/24 sur base d’un appel téléphonique d’un intervenant psycho-médico-social ou judiciaire, ou entre 9h et 19h s’il est « demandeur ponctuel ».

Les services :

Une équipe pluridisciplinaire, composée d’assistants sociaux, d’éducateurs, d’une infirmière et d’un psychologue propose un ensemble de services gratuits : que ce soient l’hébergement, les repas, la participation à des activités occupationnelles ou encore les permanences psychosociales.
Pour les personnes totalement démunies, le centre Transit prend également en charge le coût de l’accès aux soins durant la période d’hébergement.

L’accueil de type « bas seuil d’accès » et les services qui en découlent sont fondamentaux dans la réalisation de notre projet puisque Transit est un centre de première ligne : un pont jeté entre un monde d’exclus et la possibilité de retrouver une vie sociale meilleure ou tout simplement décente.

La complexité des problèmes, tant au niveau de la condition sociale que de la santé mentale et physique, présentée par les personnes toxicomanes que nous accueillons au centre Transit est très significative.
Le cumul de ces problèmes donne lieu à des situations difficiles, voire dramatiques.

Dès lors, il est aisé de comprendre que l’expression « bas seuil d’accès » signifie également la prise en charge d’une population présentant tous les stigmates de l’exclusion sociale que nous définissons dans notre jargon comme « une population marginalisée ».

Les objectifs que notre institution s’est fixés :
- Remise en ordre socio-administrative
- Orientation

Pour mieux comprendre les raisons du choix de ces objectifs, il est nécessaire de revenir à cet état de marginalisation caractéristique de l’usager de drogues accueilli ou hébergé au centre Transit.
Il est utile de savoir que chez les personnes marginalisées, les liens sociaux s’effritent rapidement, entraînant la perte de tous ou une partie de leurs droits.

Dans le cadre de sa mission d’aide aux usagers de drogues, Transit vise à améliorer les conditions de vie des usagers entre autres par leur réinsertion dans la vie sociale, ce qui implique, dans un premier temps, l’obtention du recouvrement des droits sociaux des usagers.

Cet objectif nécessite dans la plupart des cas d’entreprendre de nombreuses démarches socio-administratives souvent rendues difficiles par les lourdeurs, lenteurs, lacunes et paradoxes des procédures administratives.

Il n’est donc pas toujours possible de clôturer, endéans le délai d’un hébergement de 12 jours (phases I et II), une remise en ordre socio-administrative, d’autant plus que la perte des acquis sociaux s’accompagne souvent de gros problèmes judiciaires.
C’est la raison pour laquelle nous invitons les usagers de drogues à venir en centre de jour après leur hébergement, afin de poursuivre ces démarches de recouvrement de leurs droits sociaux.

Cette remise en ordre socio-administrative est primordiale dans l’amorce d’un projet global qu’il soit d’ordre thérapeutique ou social.

Parallèlement à ce travail axé sur le recouvrement des droits sociaux des toxicomanes, l’équipe psychosociale consacre une partie importante de son temps à cerner la personnalité de l’individu et à identifier correctement tous ses problèmes.

La chose n’est pas toujours aisée, d’autant que, la problématique toxicomane est souvent multifactorielle et de plus en plus fréquemment associée à des pathologies psychiatriques connexes.
Nous essayons également de valoriser l’individu, de l’aider à reconstruire une image positive de lui-même.
Le temps d’un hébergement, l’usager de drogues pourra donc faire le point, exprimer ses besoins, échafauder des projets.

L’ensemble de ce travail psychologique et social nous permettra de réaliser avec l’usager notre second objectif : l’orientation, c’est-à-dire la réalisation de son projet.
Il pourra s’agir d’une admission dans un centre spécialisé qui tentera d’apporter une réponse thérapeutique au problème de l’assuétude ou dans un hôpital soit pour le traitement de sa toxicomanie, soit pour un problème d’ordre somatique.
Cela peut être aussi une réintégration du milieu familial, l’accès à une maison d’accueil ou à un logement individuel supervisé ou non.

Les demandes peuvent être très variables d’un individu à l’autre mais un principe essentiel guide les travailleurs de l’institution, à savoir : le respect des choix de l’usager de drogues.

Comme évoqué plus avant, afin de pouvoir remplir notre rôle et réaliser au mieux nos objectifs, l’encadrement des usagers de drogues au sein du centre est assuré par une équipe pluridisciplinaire remplissant les fonctions d’assistant social, de psychologue, d’infirmière et d’éducateur.
Ce personnel travaille en roulement jour/nuit par équipe, excepté le psychologue et l’infirmière ainsi que les deux gestionnaires sociaux qui assurent la coordination du travail social entre les équipes.

La gestion de l’institution, quant à elle, est confiée à un coordinateur aidé dans sa tâche par un adjoint et une équipe administrative de 2 personnes.
L’intendance est, elle, partiellement assurée par un ouvrier.

Pourquoi Transit a-t-il opté pour un projet non-médicalisé ?

La région bruxelloise possède un réseau thérapeutique très développé en matière d’aide aux usagers de drogues. Il nous a donc semblé opportun de concentrer nos activités dans un domaine où une assistance psychosociale associée à un accueil de première ligne et de crise faisait défaut.

Qu’en est-il des personnes toxicomanes se trouvant en rupture de contrat avec l’institution auprès de laquelle elles s’étaient engagées à suivre une cure ou une postcure ?

Nous accueillons de nombreuses personnes « en rupture de contrat » parce que nous sommes devenus une alternative à la rue pour ces usagers de drogues momentanément exclus d’un centre thérapeutique. Cette fonction, que nous avons qualifiée de « réceptacle », est un rôle nouveau, non prévu à l’origine du projet.

Muriel Goessens, Coordinatrice
Centre Transit (asbl) Tél : 02/215.89.90
Rue Stephenson,96 Fax : 02/215.60.10
1000 Bruxelles

- 2 LAIRR : Comptoir d’accueil, d’Information et de réduction des risques

Le comptoir d’échange de seringues LAIRR est également au service des usagers à la même adresse que Transit.

Un comptoir d’échange de seringues est « un lieu où l’on met à disposition de l’usager de drogues tout le matériel d’injection stérile nécessaire à la consommation de drogues par voie intraveineuse » .
Le 5 juin 2000, le ministère des Affaires Sociales, de la Santé Publique et de l’Environnement publiait un arrêté royal qui détermine les conditions et les modalités de la délivrance même à titre gratuit de matériel stérile d’injection.

LAIRR propose aux usagers injecteurs de produits psychotropes un accueil à horaire décalé par rapport aux pharmacies (tous les jours de 20h30 à 24h). Une personne met à leur disposition de la documentation, des adresses, du matériel stérile.

Pour en savoir plus, cliquez sur LAIRR.

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