Le phénomène du Binge Drinking, encore appelé « Biture express » ou « hyperalcoolisation périodique » chez les jeunes est un phénomène qui, sans être nouveau, est en recrudescence inquiétante dans la plupart des villes. Un rapide tour d’horizon montre que cette thématique est de plus en plus au centre des préoccupations, et donc des priorités, locales. On remarque également que, la plupart du temps, les villes sont assez démunies face à ce phénomène et sont assez en demande de pratiques et d’expériences positives dans ce domaine.
Le Forum Français pour la Sécurité Urbaine travaille sur cette thématique depuis plusieurs années, et plus particulièrement depuis 2007 avec la mise en place d’un groupe de travail national « Binge Drinking », dont il est le pilote et qui regroupe une dizaine de villes de son réseau. Les résultats sont encourageants et les villes toujours plus en demande mais il est nécessaire aujourd’hui, pour franchir un pallier supplémentaire, d’européaniser la problématique et les échanges. Ce problème étant présent dans une grande majorité des villes d’Europe, il semble nécessaire et évident de faire de ce thème un thème central autour duquel quantité de villes européennes pourraient échanger, partager, contribuer et bénéficier.
Fort de son expérience en la matière et de son réseau de plus de 100 villes, le FFSU semble être l’impulseur idéal pour un tel projet et s’appuiera sur le Forum Européen ainsi que sur les autres forums nationaux pour européaniser au maximum ce projet et toutes les réalisations qui en seront issues.
Une approche globale et intégrée du phénomène implique la nécessité d’aborder le problème au minimum sous trois axes différents :
Pour une approche la plus concrète et factuelle possible, la proposition devra également faire la distinction entre les phénomènes de binge drinking « institutionnalisé », ou du moins organisé (fêtes étudiantes, festivals,…) et ceux que l’on pourrait qualifier de plus « sauvages » (rassemblement non organisé). Le dénominateur commun à ces distinctions sera l’espace public urbain. En effet, peu importe le phénomène (rassemblement organisé ou non) et l’objet d’étude (victimes >< auteurs).
Le projet pourrait s’articuler autour de trois axes principaux :
L’alcool a, de tout temps, occupé une place importante dans la plupart des sociétés, avec en filigrane la relation que l’homme entretien avec celui-ci, relation indéniablement profondément polymorphe. Pour preuve le simple constat que l’on peut faire concernant les différentes visions de la consommation, fonction des périodes et sociétés. La consommation d’alcool est (ou a été en tout cas) vue tantôt comme un vice, une maladie mentale, un délit, voire un crime et tantôt comme un simple agrément de la vie quotidienne, un « pêché mignon » mais aussi, à certaines époques, comme un rite initiatique. (la consommation d’alcool pourrait encore aujourd’hui s’apparenter à un rite initiatique au sein de certains groupes, le plus souvent groupes de jeunes). La multitude des formes de consommation et de toutes les constructions sociales les entourant nécessite, plus que pour tout autre sujet, une circonscription claire et précise du/des phénomène(s) étudié(s), du/des groupe(s) cible(s) et des autres protagonistes.
La première distinction à effectuer est celle qui concerne le(s) groupe(s) cible(s). Ce projet aura comme objet la consommation d’alcool en groupe chez les jeunes. Sans effectuer de classification stricte et rigide, on peut partir du principe que cette catégorie comprend les personnes d’un âge allant de 13 à 25 ans).
La deuxième distinction à faire nécessairement concerne le mode de consommation. La diversité de ces modes – et de leurs appellations- peut être un obstacle à l’efficacité du projet en question. Sera donc visée ici la consommation massive (hyperalcoolisation), périodique et problématique des jeunes.
La dernière distinction aura pour objet le territoire. En effet, les lieux de consommation étant presque aussi nombreux que les modes, il convient de circonscrire ces premiers. Ce projet s’adresse avant tout aux villes et collectivités locales et visera la gestion par celles-ci de ce phénomène. C’est donc assez logiquement que nous nous limiterons, dans le cadre de ce projet, à la prise en compte de ce phénomène dans l’espace public dit « urbain ».
Précisions également que, géographiquement, le projet prendra en compte le phénomène du binge drinking dans les villes et collectivités d’Europe. Il faudra donc sortir du cadre strictement national pour se pencher sur le phénomène en lui-même et sur les différents moyens qu’une entité locale a à sa disposition pour la meilleure gestion possible de celui-ci.
Pour une approche la plus concrète et factuelle possible, une dernière distinction doit néanmoins être faite concernant la nature du phénomène, même si dans ce cas, les deux aspects seront pris en compte durant le projet. L’hyper consommation en groupe chez les jeunes peut en effet se produire dans un cadre « institutionnalisé », ou du moins organisé (fêtes étudiantes, festivals,…) ou de façon plus « sauvage » (rassemblement non organisé).
L’objectif général du projet est la gestion des phénomènes d’hyperalcoolisation chez les jeunes et la prévention des risques liés à ceux-ci. Ce projet sera par nature transversal, tant au niveau des actions, méthodes et domaines pris en compte (conduites addictives, gestion des foules et de l’espace public, prévention sanitaire, prévention des nuisances, victimisation, sensibilisation,…) que des acteurs concernés (décideurs locaux, police, personnel médical, acteurs de 1ère ligne,…)
Les différents objectifs visés par ce projet sont :
Les résultats attendus du projet sont :
Pour la concrétisation de tous ces résultats attendus, il sera nécessaire de mettre en place un outil, fonctionnel, qui contiendra tous ces éléments, qui sera consultable par tous, évolutif, interactif et participatif. La création d’un site Internet qui aura toutes ces fonctionnalités semble donc être le plus approprié. Une publication, reprenant les principaux résultats de ce projet sera également produite. Elle comprendra un descriptif du projet et des partenaires, une synthèse des connaissances et pratiques ainsi que les recommandations.
Interviendront dans ce projet 3 groupes distincts mais interdépendants :
Le projet se décomposera en 4 grandes phases, qui seront en partie simultanées :
Durée du projet : 30 mois
Budget total du projet : +/ 230 000 euros
Subvention de la Commission Européenne : 70 %
Contribution financière demandée : 6000 euros
Événements prévus : 1 séminaire de lancement, 8 visites de villes (si 8 villes partenaires) et 1 conférence finale
Leader : Forum Français pour la Sécurité Urbaine
Partenaires : 8 villes, Forum Européen pour la Sécurité Urbaine, Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine, Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies
Contact : Vanina HALLAB