Les recommandations
SUR QUOI SE BASENT ELLES ?
Au fil des discussions et des rencontres collectives essentiellement entre professionnels (mais aussi avec les habitants).
Recommandations au pouvoir politique
La mise en place d’une politique de qualité de vie et de sécurité participative intégrale et intégrée se base sur une vision claire et novatrice du partenariat.
Cela demande un style de gestion accordant de l’importance à l’ouverture, la clarté, l’attention pour ce qu’apportent les autres, l’entretien d’une relation constructive avec toutes les parties concernées, une analyse claire des problématiques et la mise à disposition de capacités et de moyens.
Les organes démocratiques, que ce soit le conseil communal, le conseil de police ou celui du CPAS, doivent marquer de leur empreinte la politique de qualité de vie et de sécurité. Ces organes représentatifs de la population doivent assurer un rôle important au niveau de la mise sur pied d’une politique ou de la stimulation des parties en présence. Etant donné que tous les aspects de la politique ne peuvent pas être traités simultanément, ils doivent fixer des priorités et éventuellement mentionner les attentes vis-à-vis de la politique de sécurité publique. Ils sont les premiers moteurs du projet.
Le Collège des Bourgmestre et Echevins est responsable de la mise en œuvre et du suivi de la politique. Dans cette optique, le Bourgmestre est souvent considéré comme le gestionnaire. Il peut éventuellement être assisté dans ce rôle par un coordinateur de sécurité.
L’importance qu’accordent les pouvoirs publics à la politique de qualité de vie et de sécurité doit être reflétée dans le plan d’orientation stratégique de la Commune et traduite dans les plans d’action annuels. Les moyens nécessaires doivent y être associés. Dans les laboratoires, il est arrivé que les responsables politiques se soient moins impliqués après s’être rendus compte que le projet allait bénéficier d’un soutien méthodologique… et non d’une enveloppe budgétaire.
> Concrètement
- Le Bourgmestre et les mandataires politiques devraient être de réels pilotes de projets et mobiliser leur administration pour travailler de façon partenariale et participative. Les politiciens n’ont pas de solution à tout problème, mais sans pilote politique clair et affirmé, les démarches participatives n’ont pas beaucoup d’espoir d’aboutir à un impact concret sur l’insécurité.
- Avoir une vision à long terme : exigence difficile compte tenu de la programmation politique par législature mais nécessaire si on veut lancer un processus participatif durable.
- Multiplier les canaux de participation et former l’administration à travailler en partenariat, avec une évaluation participative des projets en rendant des comptes aux citoyens.
- Ne pas invoquer le principe de "la sécurité est l’affaire de tous" pour se décharger sur la société civile (les comités d’habitants ou les réseaux de travailleurs).
- Faire émerger des constats et surtout y apporter des solutions.
- Promouvoir des fonctions de contacts avec les citoyens : ces acteurs de première ligne sont le premier contact que le citoyen a avec son administration. Il est essentiel. Investir dans les métiers de proximité (travailleurs de rue, médiateurs, gardiens, policiers de quartier) permet aussi d’enrichir la connaissance de la réalité du terrain et de faire remonter des demandes du public.
- Etre garant de l’intérêt général : pouvoir aller à l’encontre de l’opinion publique, pouvoir déconstruire les rumeurs, pouvoir répondre à côté de la première demande pour aller plus loin.
- Faire la distinction entre un partenariat et la centralisation (voire le contrôle), et accepter les désaccords avec les partenaires.
Recommandations aux professionnels
Le rôle des professionnels (Police, services communaux, professionnels associatifs) apparaît central dans toutes les démarches (interface, facilitateur, veille…). Cette posture nécessite des compétences et une volonté spécifiques que toute personne ne peut ou ne veut pas assumer.
Le principal facteur critique de succès pour les professionnels est la volonté de collaborer. Tout le monde est toujours d’accord avec ce principe, mais une collaboration réelle est pourtant difficile à assurer. Pour y parvenir, il faut pouvoir laisser de côté sa propre opinion, écouter les autres, penser en fonction du cadre de référence des partenaires, mettre en évidence les objectifs communs plutôt que les différences, adopter une vision prospective et non se focaliser sur les échecs du passé, rechercher ensemble des solutions, chacun selon son approche et sa spécialisation, etc.
A l’instar des responsables politiques, les professionnels doivent avoir la volonté d’écouter les citoyens et de communiquer avec eux.
> Concrètement
- S’engager en tant que professionnels.
- Se former à l’approche participative, à l’animation de réunions et en gestion de projets pour développer la capacité de soutenir les citoyens dans leurs démarches participatives.
- S’ouvrir aux partenaires et aux collaborations avec différents types d’acteurs (Police, travail social, justice, urbanisme, santé…). Etablir des conditions de collaborations claires et négociées pour que chaque partenaire soit reconnu dans sa spécificité et dans le respect de sa déontologie.
- Assurer la cohérence entre le travail de terrain et le discours politique : ne pas s’adresser au politique comme s’il détenait la solution de tous les problèmes.
- Etre créatif, toujours réfléchir à des solutions nouvelles et constituer un canal de communication, une interface, un lien entre les partenaires pour donner de la cohérence, ce qui nécessite de disposer des compétences pour faire passer l’information entre les habitants et les responsables politiques.
- Oser utiliser des stratégies (pour arriver à faire bouger les choses, même si a priori c’est parfois difficile à faire).
- Faire confiance aux habitants et leur assurer un retour. Néanmoins, travailler avec les habitants n’est pas suffisant. Souvent, seuls quelques-uns participent et les démarches touchent une partie très limitée de la population. il est donc indispensable de penser sans cesse à de nouvelles personnes à associer et/ou consulter en imaginant de nouvelles démarches, de nouveaux modes de rencontre…
- Se baser sur les ressources des habitants (par exemple, le bouche à oreille entre habitants…).
- En tant que travailleurs "biodégradables", responsabiliser les habitants, décoder leurs demandes, et leur donner des outils pour qu’ils agissent, tout cela dans une perspective d’autonomie, et non pas d’assistanat.
- Définir les modalités avec les habitants et développer ensemble une analyse conjointe des effets.
- Chercher à élargir pour impliquer différents habitants.
- Equilibrer les différents niveaux d’implication des habitants.
- Voir comment mobiliser les "absents", par exemple en allant vers eux, en repérant leurs préoccupations spécifiques.
- Associer les jeunes comme des acteurs non assistés, ce qui implique de :
- éviter les a priori ;
- croire à leur bonne disposition ;
- encourager la mise en place de projets ;
- travailler avec les plus jeunes (moins de 14 ans) comme mesure de prévention ;
- communiquer, dialoguer, entrer en contact (y compris avec des jeunes vis-à-vis desquels une réaction s’impose).
Recommandations aux citoyens
Les citoyens occupent une place unique car en fin de compte, ce sont eux les premiers concernés. Ils sont les victimes (potentielles) d’une politique inadéquate. Les citoyens doivent toutefois comprendre qu’ils représentent aussi une partie de la solution au problème. Ils doivent être prêts à collaborer à celle-ci. Ils peuvent le faire de différentes manières et à différents moments, mais il s’agit d’une nécessité s’ils veulent que la solution réponde à leurs attentes.
> Concrètement
- Faire usage des canaux classiques d’information et de participation déjà disponibles, à savoir : solliciter les conseillers communaux (représentants de la population sur le plan local), adresser des courriers au Bourgmestre, profiter des droits de pétition et d’interpellation des conseils communaux (voir décret communal flamand).
- Etre prêt à s’investir dans des projets communautaires pour promouvoir l’intérêt général et une meilleure qualité de vie dans le quartier.
- Faire preuve d’un certain sens des réalités et comprendre que l’intérêt général prime sur l’intérêt individuel.
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