Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine

L’évaluation : la réussite de quoi ?

Comment évaluer le projet ?

L’évaluation permet de nourrir les échanges mutuels, d’affiner le cadre méthodologique et surtout de confronter l’adéquation de l’action aux besoins de départs. Seule l’évaluation du processus participatif permettra de dire si le projet a une vertu préventive du sentiment d’insécurité. Son appropriation par les acteurs eux-mêmes est un élément fondamental.

Pour produire une connaissance utile et appropriable dans le cadre de l’évaluation, l’étape du questionnement joue un rôle essentiel. La portée des questions devra être ciblée (HUBERT H-O, p. 18.) : établir un rapport coût/efficacité, assurer le bien-fondé d’une politique, photographier une situation problématique, estimer des besoins… Il faut alors se demander quelles sont les informations qui paraissent nécessaires pour juger de la valeur de l’action ?

Les questions posées déterminent les critères de jugement de l’évaluateur et doivent intégrer les dimensions suivantes (FONTAINE P., p.27) :

L’évaluation doit comprendre une réelle interrogation et concerner un impact, ce qui implique d’intégrer des éléments extérieurs à l’intervention. Il n’existe pas de méthode "prête à l’emploi" mais il est possible de distinguer différentes phases, en amont et en aval des actions menées.

1. Une première phase sera centrée sur les besoins à rencontrer, la stratégie à adopter, correspondant au cadre de référence des projets avant mise en œuvre. On pourra se référer utilement au Diagnostic Local de Sécurité mis en place. À chaque Commune de créer ses outils pour organiser les modes de recueils des perceptions et attentes des habitants en matière d’insécurité : enquêtes et questionnaires auprès de la population (propreté, indépendants…), courriers de la population aux membres du collège, réunions publiques (commissions consultatives de quartier), PV de groupes de travail (groupes prévention), analyse documentaire... Mais aussi techniques de brainstorming, de "focus groups" avec professionnels et/ou les habitants. A cette occasion, les éléments subjectifs recueillis auprès des tiers pourront être sur pondérés par des éléments plus objectifs (statistiques de polices, constats des gardiens de la paix, etc.)

2. La phase exploratoire établie, il devient possible d’établir un cadre d’action. L’évaluation de ces actions nécessite l’établissement d’un cadre référentiel : cette action se réfère ainsi à tel objectif et, inversement, la formulation de ces objectifs interroge les finalités des actions. Prévoir une phase de test avant le démarrage officiel permettra de recadrer les objectifs si besoin.

3. Les phases d’évaluation intermédiaire, en cours d’exécution des projets, permettent le suivi et la réorientation des projets, en s’assurant que les réalisations sont conformes aux prévisions. Les objectifs seront traduits en indicateurs. Un tableau de bord en permet le suivi.

4. La dernière phase est celle de l’évaluation finale, ou en fin de cycle, de l’impact de l’action, au terme du projet ou à échéance régulière pour les projets récurrents.

Comment évaluer la participation ?

L’évaluation permet de recueillir des informations pertinentes afin d’optimiser le processus participatif. Elle sera tributaire de l’hétérogénéité des acteurs et de la complexité ou non du processus décisionnel. Cette optimisation peut être mesurée à travers le suivi de la satisfaction des acteurs (avant, pendant et après le processus) et de l’adaptation du processus. L’évaluation du processus participatif repose sur des critères que l’on peut regrouper autour :

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