Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine

C’est quoi le sentiment d’insécurité ?

1. Prendre le temps de définir de quoi on parle

"Réduire l’insécurité par des actions ciblées est chose possible à partir du moment où l’on a compris quelles réalités recouvre la notion d’insécurité" (extrait du rapport GERM sur les dimensions de l’insécurité, p. 2, 2003).

Aborder le thème du sentiment d’insécurité n’est pas chose simple. En réunion publique, c’est souvent l’occasion pour beaucoup de témoigner de faits de criminalité vécus ou rapportés mais aussi de nuisances ou de frustrations quant à l’usage de l’espace public, dans un mélange parfois confus qui rend la progression du débat difficile.

Il est donc essentiel, dès le départ d’une démarche participative et/ou partenariale, de définir de quoi on parle, de cibler les types de phénomènes auxquels s’adresseront nos actions. Débuter les partenariats en prenant le temps de convenir ensemble d’une définition de base commune du "sentiment d’insécurité" s’est avéré être une nécessité pour éviter des discussions sans fin lors du lancement des laboratoires locaux.

Et dans les laboratoires ?
Au cours des rencontres entre les villes laboratoires, qui rassemblaient des professionnels actifs dans le champ de la sécurité et la prévention, la définition même du sentiment d’insécurité a fait débat… Si la question de sa signification n’est pas éclaircie en début de projet (ou au lancement d’un débat avec le public), on court le risque de noyer les discussions autour de ce thème complexe, sans pouvoir aborder le thème des actions à mettre en place pour avancer.

Pour en savoir plus sur l’insécurité, la synthèse des savoirs sur l’insécurité et une étude de la littérature de la VUB au sujet du sentiment d’insécurité sont des sources très utiles.

Pour en savoir plus sur la préparation d’une réunion d’introduction sur ce thème, regardez ce power point "Participer pour déconstruire -le sentiment d’insécurité ?" réalisé par Periferia pour la première rencontre entre les acteurs des laboratoires francophones du 20 septembre 2007 dont voici le compte-rendu.

Pour en savoir plus sur l’animation d’un débat, d’une réunion ou d’un groupe de parole, voir la trace collective sur l’animation de groupes de parole rédigée par Périferia à l’issue de la rencontre entre professionnels du laboratoire bruxellois le 15 octobre 2007 qui aborde les questions suivantes :

De même, la trace de la rencontre suivante du 15 février 2008 nous donne des pistes en termes de :

2. Le concept de sécurité intégrale

La nécessité de travailler ensemble, sur les diverses dimensions du sentiment d’insécurité, est préconisée par le SPF Intérieur dans le cadre du concept de "sécurité intégrale" qui s’adresse à tous les acteurs de la sécurité et la prévention en Belgique. Ce modèle souligne la nécessité d’aborder la criminalité et l’insécurité sous tous leurs aspects (au niveau des causes et symptômes de l’insécurité), dans un contexte le plus large possible. Le Bourgmestre, acteur le mieux placé pour mettre en place ce concept au niveau local, est le "régisseur" de cette politique de sécurité intégrale.

+ Pour en savoir plus sur le concept de sécurité intégrale, voir aussi la brochure éditée par le SPF Intérieur.

3. L’espace public : son aspect, son usage, ses limites

Ce manuel se centre particulièrement sur une certaine forme d’insécurité : celle liée à la coexistence dans un espace public. Souvent (mais pas toujours), il s’agit d’un élément central.

De nombreux acteurs des laboratoires ont souligné que des données physiques telles que manque de lumière, mauvais état du mobilier urbain, ruelles dont la vue est obstruée,.. sont des facteurs qui pèsent sur le sentiment d’insécurité.

Au-delà du visage qu’il présente, c’est la notion même d’espace public (et de son usage), qui est au coeur de conflits entre ses usagers. Régulièrement, les plaintes dénoncent la "privatisation" de l’espace comme cause d’insécurité. Deux exemples classiques sont l’occupation de l’espace (semi-)public par des jeunes qui bloquent les entrées d’immeubles ou "tiennent le mur" à des endroits de passage, et la monopolisation par certains groupes de plaines publiques.

Pour en savoir plus sur les notions (évolutives) d’espace privé et d’espace public, les conflits qui peuvent en découler et des propositions d’actions pour y remédier : voir le rapport du GERM de 2003.

Et dans les laboratoires ?

Dès le début des laboratoires, les acteurs de terrain ont exprimé le besoin de réfléchir aux relations entre les pouvoirs publics, les populations et les différents espaces publics. En effet, ces interactions sont au cœur du "mieux vivre ensemble" et de la problématique du sentiment d’insécurité.

> Conseil  : avant d’élaborer un projet, veiller à déterminer les différentes dimensions de l’insécurité et à identifier le poids de la question de l’espace public…

A la suite de la journée d’échanges entre les villes des laboratoires francophones en novembre 2007 organisée par le FBPSU, Periferia asbl a résumé dans le schéma ci-joint les divergences qui peuvent surgir entre ces 3 éléments clés concernant le sentiment d’insécurité. Il est tiré du schéma suivant :

Il est évidemment incomplet dans la mesure où il n’intègre pas le rôle des institutions privées, du marché et des notions d’insécurité sociale, par exemple. Cependant, il permet à chaque ville et acteur concerné par ces enjeux de s’y projeter pour éclaircir ses objectifs et ensuite améliorer l’impact de ses services et activités.
Ces interactions montrent que cette question n’est pas l’apanage du pouvoir public mais que c’est un défaut de communication et d’articulation entre ces trois éléments qui entraîne un sentiment d’insécurité des usagers. C’est là que la participation permet alors de dénouer ces relations problématiques en offrant des espaces nouveaux de discussion et de négociation de ces relations, comme le montre le schéma suivant, tiré du [schéma de Periferia ci-dessous :

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