Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine

Thématiques

BRUXELLES VILLE : le laboratoire local sur le square Léopold

Asbl Bravvo – juin 2008

Laboratoire local du « Square Léopold » - 24-X-2007

Synthèse du projet

1. L’appel à projet de la fondation Roi Baudouin

Début 2006, la Fondation publiait un rapport intitulé « À l’écoute du sentiment d’insécurité ». Ce rapport, basé sur l’écoute, soulignait l’importance de travailler au niveau local en impliquant directement les habitants en vue d’apporter les réponses les plus adéquates au sentiment d’insécurité.

Afin de poursuivre son soutien aux initiatives visant à diminuer le sentiment d’insécurité, la Fondation a établi une collaboration avec le Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine et lancé, mi-2007, un appel à projets national intitulé « Autorités locales, associations et citoyens : agir ensemble sur le sentiment d’insécurité ».

Les expériences locales qualifiées de « laboratoires locaux » doivent :

Introduction du projet Bravvo

Début juin, la Ville de Bruxelles prend l’initiative d’introduire un projet de laboratoire visant à diminuer le sentiment d’insécurité dans le quartier du Square Léopold à Laeken (en fonction du potentiel existant – voir infra). Cinq communes, dont la Ville de Bruxelles, ont finalement été sélectionnées du côté francophone.

Le projet est porté par l’ASBL « Bravvo ». Celle-ci est chargée, par la Ville de Bruxelles, de la mise en œuvre de la politique de prévention de l’insécurité sur son territoire. L’asbl impulse ces projets de manière intégrée, associant divers métiers (médiation, animation, agents de prévention) et tout partenaire concerné, en vue de stimuler le lien social et le développement des quartiers.

Le projet se déroulera durant une période allant de septembre 2007 à décembre 2008. Durant cette période, la Fondation Roi Baudouin et le Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine proposent un accompagnement méthodologique professionnel gratuit.

Points importants du projet

1. Professionnalisation des médiateurs sociaux sur le thème de la participation (formation), en vue d’une extension à d’autres quartiers.

2. Prospection auprès des habitants (travail de rue sur base d’entretiens semi-directifs).

3. Mise en œuvre de groupes de paroles et d’action.

4. Appui à la mise en œuvre de projets (en particulier frais de fonctionnements).

2. Rappel du contexte général

Le choix du quartier du square Léopold à Laeken, plutôt qu’un autre, repose sur la dynamique observée. Le quartier du Square Léopold est caractérisé par une forte proportion de jeunes, de familles nombreuses ainsi que de personnes âgées. Il s’agit d’un quartier mixte composé d’habitations unifamiliales, de petits immeubles ainsi que de nombreux immeubles de logements sociaux. Ce quartier conserve une indéniable qualité de vie. Toutefois, en 2006, le square a été marqué par des incidents relativement graves : rassemblements, règlements de compte entre jeunes, problématique d’occupation des espaces du square. Ces évènements ne se traduisent pas forcément dans les statistiques policières mais les travailleurs sociaux relèvent que le quartier vit, actuellement, un effritement de la cohésion sociale, des conflits intergénérationnels autour du parc Léopold et un sentiment d’insécurité en particulier, chez les personnes âgées.

Par ailleurs, plusieurs réunions ont déjà entériné, depuis 2005, la volonté de mobiliser les acteurs en présence (groupe sécurité avec la police, initiatives de l’échevinat Ch. Noël, lieu de synthèse interne à Bravvo).

3. Cadre du projet

La finalité du projet demeure l’amélioration de la qualité de vie, du lien social et de la sécurité dans le quartier. Ce travail s’échelonne dans le temps [1] :

Au niveau du contenu, la notion de sécurité vise son acceptation au sens le plus large, incluant un large panel d’éléments constitutifs de l’insécurité, en tant que facteurs aggravant le sentiment d’insécurité [2] :

§ Physique : conception de l’espace, conditions de vie des habitants, délabrement de leur environnement, dégradations et nuisances diverses, circulation routière…

§ Relations sociales : difficultés de cohabitation intergénérationnelle et interculturelle, voisinage, précarisation de la situation socio-économique, ….

Bénéficiaires

- directs : tous les habitants du quartier.

- indirects : les professionnels impliqués par la qualité de vie dans le quartier, vu qu’il s’agit d’un processus multi-acteur. Les médiateurs sociaux en terme de processus formatif.

Clarification des objectifs opérationnels - pourquoi veut-on mettre en place des groupes de parole ? [3]

Il s’agit bien ici d’initier un processus participatif, en partant des situations spécifiques pour résoudre, de manière globale, les problèmes spécifiques du quartier. La composition mixte des groupes va orienter les discussions vers le « vivre ensemble ». On pointera :

- le renforcement du dialogue entre les habitants, associations et institutions. La création de groupes de paroles doit permettre de se faire rencontrer les différentes catégories de population afin de régler les conflits intergénérationnels, de renforcer les liens sociaux et partant de diminuer le sentiment d’insécurité.

- La démarche vise également à connaître les besoins et perceptions des acteurs (en ce compris en les formant pour les aider à intervenir dans le processus participatif). Il s’agit de mieux diagnostiquer les causes du « sentiment d’insécurité » et de construire ensemble des réponses concrètes pour y remédier.

- La réalisation d’actions ou de mesures concrètes, à affiner en fonction des besoins exprimés, est le point d’orgue du projet. La démarche vise également une meilleure affectation des ressources et équipes de prévention du quartier (ciblage des animations, modifications d’itinéraires des APS, gestion équilibrée du pavillon du Square avec les habitants et le monde associatif, etc.)

- Prendre en compte l’expertise des habitants, les habitants sont experts de leur quartier, important de reconnaître et prendre en compte leurs idées.

Les objectifs peuvent encore être différents selon les acteurs (par exemple l’affinage des besoins et perceptions pour la cellule évaluation interne)

La formation de Périferia a pointé divers risques en lien avec ces objectifs :

· « Le consensus a tout pris, évitant le conflit ». Le processus, tel qu’il sera développé plus loin, intègre la dimension de conflits potentiels entre les participants, conflits que les animateurs devront éventuellement gérés afin de dégager des solutions.

· « Les positions radicales adoptées par les gens, n’écoutant pas les autres ». Espace de débat où il est impossible de construire quelque chose ensemble.

· « Des débats limités à l’échelle locale ».

· « Du découragement par rapport aux délais ».

· « Un sentiment d’instrumentalisation des habitants » : certains habitants ou groupes d’habitants ont peur de ne plus être en capacité de se mettre en opposition et d’être récupérés par l’institution.

· « Un effet cerise sur le gâteau » : le projet serait accessoire tandis que les grands enjeux se décident ailleurs.

4. Structures d’encadrement prévues

· Création d’un groupe de pilotage : groupe de travail interne à Bravvo (juin 2007)

Un petit groupe de travail interne à l’ASBL Bravvo a été constitué afin d’

- élaborer une méthode de travail ;

- introduire le projet auprès de la fondation Roi Baudouin et présenter le projet auprès de la chargée de mission du Forum belge.

Ce groupe est composé des agents de première ligne (principalement les médiateurs sociaux, chargés de soutenir les initiatives interculturelles et intergénérationnelles et présents dans les différents quartiers de la ville) et de la cellule évaluation interne de l’asbl. L’implication des différents médiateurs sociaux permettra par la suite de reproduire la démarche dans d’autres projets auxquelles seront confrontés les équipes de Bravvo.

· Constitution d’un groupe de soutien (ex-groupe de pilotage) : le processus multi-acteurs (octobre 2007)

Le rôle du groupe de soutien, courroie de transmission de l’information vers le quartier, est de :

- impliquer les acteurs du quartier à un niveau plus institutionnel (associations et responsables, foyer de logement, responsables de police…) ;

- activer les leviers nécessaires à la mise en œuvre des demandes exprimées dans le cadre du laboratoire local ;

- clarifier les rôles – s’assurer l’implication des professionnels dans les groupes de parole et d’actions ;

- améliorer la méthode.

Il est composé de différents partenaires (en nombre réduit afin de faciliter les échanges et l’organisation, mais sera représentatif des piliers du projets) : institutionnel, associatif et citoyens. A ce stade, les partenaires privilégiés sont ceux qui sont directement concernés par le travail au quotidien sur la reliance et la prévention de l’insécurité, en lien avec le diagnostic de départ (police, PICOL, Foyer, titulaires du pavillon, etc.). La composition pourra encore être étoffée en fonction de la nature des demandes (partenaires Villes tels que le service des espaces verts, la propreté publique…).

5. Les étapes de la démarche

· Exploration du quartier : lancer les fondements de la démarche (septembre 2007)

La première étape du processus est un travail de terrain destiné à :

Par équipes de deux, les membres du groupe de travail sont allés pendant une semaine à la rencontre de la population du quartier (via des discussions en rue ou sur le square et un travail de porte-à-porte). Toutes les tranches de populations ont été visées (toutes catégories d’âges, habitants ou non du foyer, isolés, familles, habitants ou simples usagers du square). Les discussions ont été balisées par un canevas de questions permettant de guider les conversations sur les sujets en relation avec le projet (sentiment d’insécurité au sens large, perception de la qualité de vie dans le quartier, du travail de la Ville et de ses opérateurs, etc.) et de mieux canaliser et restituer les différentes problématiques présentes dans l’esprit du public.

Après chaque rencontre, la parole des gens a été rapportée le plus authentiquement possible dans un carnet. Ces contacts ont permis, sans prétention scientifique, de recueillir les avis sur la qualité de vie dans le quartier et les premières demandes de la population. Leur analyse, collectée dans un rapport, permettra notamment de cibler les thématiques sur lesquelles travailler par la suite et d’alimenter le contenu des groupes de paroles. Ces rencontres ont également été l’occasion d’inviter les habitants à participer à la démarche et d’identifier des personnes ressources pour la suite. Des prospectus d’information ont également été distribués à ces personnes.

· Lancement de la démarche : organisation d’une animation « phare » dans le quartier (novembre 2007)

Après le temps consacré au porte à porte et au dépouillement de l’information, la formation et l’affinage de la procédure, le processus à l’attention des habitants, avec en ligne de mire les groupes de parole, pourra véritablement commencer.

Il se marquerait par un moment fort, ouverte à l’ensemble de la population du quartier, qu’il s’agirait de mobiliser dans la démarche sur le site du parc :

A l’issue de cet événement, les groupes de parole et d’action seront constitués.

· Organisation des groupes de parole et d’actions : le processus proprement dit

a) Sous-groupe thématique

Dans un premier temps, un groupe de parole « général » sera mis en place. En fonction des thèmes les plus « aigus » ou fréquemment abordés, on pourra envisager des sous-groupes plus spécifiques (par exemple : propreté, scolarité, etc.), avec intervention de représentants en rapport avec ces thèmes (Diversifier les thèmes de travail et les projets peut être intéressant. Permet d’éviter le découragement. Si un thème n’avance pas, il est possible de rebondir sur un autre).

Ces personnes (Bravvo, Ville et autres) seront amenées à répondre aux questions que se posent les habitants et à fixer les limites permettant d’aboutir à des propositions concrètes, dans l’optique d’un processus multi-acteurs.

b) Composition des groupes fixe ou variable dans le temps

Quelques options :

Composition

Contenu

Organisation

c) Activités plus ludiques

Les réunions de groupes seront alternées avec l’organisation d’activités plus ludiques (visites, événements…), permettant de valoriser l’implication des habitants et acteurs. .

L’organisation d’un événement en cours de processus permet :

A titre de résumé, vous trouverez ci-joint les présentations faites par l’équipe Bravvo :

- présentation sur les origines du projet, les objectifs poursuivis, la méthode utilisée et les premiers résultats.

- présentation plus détaillée du projet lors d’une première réunion sur le quartier le 24 octobre 2007 avec les partenaires du projet.

- compte-rendu du premier groupe de parole

· Suites à donner

Comme nous l’avons mentionné, l’objectif principal reste la mise en œuvre d’actions concrètes sur base de la dynamique qui aura été créée dans ces groupes de paroles. Tout peut encore être envisagé à ce stade tel que, à titre d’exemple :

- une meilleure affectation des ressources et équipes de prévention du quartier (ciblage des animations, modifications d’itinéraires des APS, gestion équilibrée du pavillon du Square avec les habitants et le monde associatif, etc.) ;

- la création de structures permanentes de participation dans le quartier afin de poursuivre la dynamique (par exemple un soutien à la constitution d’un Comité de quartier, groupe prévention…) ;

- la mise en œuvre d’actions intergénérationnelles et interculturelles ciblées dans le quartier telles que fête de quartier ;

- des formations des participants, afin de favoriser la prise de parole par tous.

- la recherche de subsides pour soutenir des actions. .

Plutôt que de budget participatif nous préférerons parler de frais de fonctionnement dont l’attribution dépendra de qualité des projets.

· Perspectives

Quelles sont les modalités de mise en place d’un dispositif participatif à l’échelle locale ; en quoi le laboratoire local du square Léopold nous permet de comprendre le dispositif participatif ?

BRAVVO fait l’hypothèse que le sentiment d’insécurité est en lien avec le manque de cohésion sociale, le but du projet est donc de renforcer la cohésion sociale. Cette hypothèse est soutenue par diverses enquêtes de terrain effectuées auparavant dans différents centres de recherche.


Pour toute info :

Christel De Lutis, médiatrice sociale, cdelutis@hotmail.com / gsm : 0499/53 74 82

Thierry Hendrickx, Evaluateur interne, thierry.hendrickx@brucity.be / tel : 02/279.21.52

[1Voir URBACT – EUROMEDIATION, Rapport final, 2007, p. 79.

[2Voir Diagnostic local de sécurité, 2007, p. 9-10.

[3Cfr. support periferias.

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