Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine

Activités du FBPSU et de ses communes

"Agir ensemble sur le sentiment d’insécurité" Conférence du FBPSU du 28 mai 2009, Bruxelles

« Autorités locales, associations et citoyens : Agir ensemble sur le sentiment d’insécurité »

Début 2006, la Fondation publiait un rapport intitulé « À l’écoute du sentiment d’insécurité » qui a suscité un réel intérêt auprès de l’ensemble des acteurs concernés. Pour affronter le sentiment d’insécurité, le rapport soulignait l’importance de travailler au niveau local en impliquant les différents acteurs concernés et les gens eux-mêmes.

En 2007, afin de poursuivre les efforts pour contribuer à diminuer le sentiment d’insécurité, la Fondation Roi Baudouin a établi une collaboration de 2 ans avec le Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine avec 4 missions :

1. Accompagner méthodologiquement 5 villes laboratoires (Bruxelles, Charleroi, Mouscron, Amay et La Louvière) dans un processus participatif et partenarial sur le thème du sentiment d’insécurité ;

2. Organiser des journées d’échanges de meilleures pratiques entre acteurs locaux (communes, police, associations) concernés par la sécurité et prévention ;

3. Réaliser un manuel de bonnes pratiques sous forme web et papier afin de mettre en valeur les expériences des villes laboratoires mais aussi d’informer sur des techniques utiles et des recommandations afin de soutenir les acteurs locaux dans la mise en place de dynamiques participatives sur le thème du sentiment d’insécurité ;

4. Organiser une conférence finale avec les acteurs locaux en vue de présenter les avancées du programme et permettre un débat entre acteurs de terrain

C’est dans le cadre de cette dernière mission que le Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine a organisé la conférence finale ce 28 mai 2009 au Centre Culturel Jacques Franck à Bruxelles.

Cette journée s’adressait aux acteurs institutionnels travaillant dans le domaine de la prévention et la sécurité ainsi qu’à leurs partenaires (policiers, agents communaux, associations). Elle a notamment permis de :

Public cible : techniciens de la prévention et sécurité (travailleurs sociaux, coordinateurs de projets communaux de prévention, policiers) et élus locaux francophones. Voyez ici le document reprenant la liste des 160 personnes qui ont participé à cette journée.

Objectifs de la journée : 3 volets

Pour télécharger les différents documents relatifs à cette journée :

Les actes et la présentation des différentes interventions de la conférence

Le but assigné à cette conférence à été l’échange de bonnes pratiques entre professionnels ainsi que la mise en valeur des concepts de partenariat et de participation citoyenne pour le développement de projets de lutte contre le sentiment d’insécurité :

1. Accueil par P. Moureaux, (Président du FBPSU et Bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean)

Tous sont concernés par la prévention, l’échange de pratiques et le débat méthodologique. Le FBPSU qu’il préside est reconnaissant envers la confiance et l’aide financière de la Fondation Roi Baudouin qui l’a chargé du suivi méthodologique des laboratoires locaux suite à la publication par la fondation en 2006 du rapport ’’ A l’écoute du sentiment d’insécurité’’, lequel insiste sur l’action au niveau local impliquant la participation de plusieurs acteurs. Suite à ce rapport, le travail du FBPSU a permis de consolider le processus de lutte contre le sentiment d’insécurité dans 5 laboratoires francophones par l’organisation de journées d’échange et la rédaction d’un manuel "Agir ensemble sur le sentiment d’insécurité" destiné aux professionnels de terrain.

2. F. Pissart, (Directrice à la Fondation Roi Baudouin)

Mme Pissart remercie d’abord le FBPSU, Véronique Ketelaer et Laetitia Nolet, ainsi que Philippe Moureaux et les orateurs ayant accepté d’intervenir lors de cette journée. Elle explique ensuite l’engagement de la FRB sur le thème de l’insécurité et présente le rapport de 2006 qui aborde les notions de sentiment d’insécurité et de sécurité, partant du postulat que la sécurité est nécessaire pour le bien-être de chacun et que personne n’a pas la capacité d’en répondre seul. Il faut donc cibler les catégories les plus vulnérables et les impliquer dans la définition et les tentatives de résolution de problèmes. Pour ce rapport, un sondage a été effectué dans 33 endroits différents en Belgique avec la collaboration des jeunes, des logements sociaux, de quartiers ruraux et plus paisibles, et de groupes moins écoutés.
Suite à l’appel à projet, 10 projets ont été sélectionnés pour être des laboratoires locaux de lutte contre le sentiment d’insécurité.

Conclusion : l’insécurité est un problème local impliquant un partenariat mais aussi une participation citoyenne.

3. Ch. Schaut, (Docteur en sociologie aux Facultés Universitaires St. Louis)

C. Schaut revient sur trois mots clés : multi-acteur , participation et sentiment d’insécurité.
Le sentiment d’insécurité suppose-t-il ou non un acte d’agression ?
Faut-il mettre l’accent sur les dimensions les plus visibles ou les plus cachées ?
Les discours des politiques et leurs réponses sécuritaires se heurtent au caractère multi-dimensionnel de la question et rendent son traitement difficile.

La participation apparait d’abord comme une expérience citoyenne publique.
La création des comités de quartiers en 1970 a été inspirée des principes de la participation.

Au début des années 90 apparait un nouveau concept : multi-acteurs. Intégré dans ce que nous appelons Contrats de Sécurité, il est la traduction moderne de la désaffiliation urbaine.

Il faut penser à l’alliance entre ces notions.
La participation doit être un lieu d’ouverture. Vu la difficulté de marier sécurité et participation (car la sécurité risque d’occuper tout l’espace et de renforcer ainsi la place de l’insécurité), si la participation ne s’assure pas comme telle, elle risque de renforcer la frustration.
Il faut se donner du temps pour faire surgir cette multi dimensionnalité et veiller à l’équité procédurale en mettant en place des conditions de participation à la vie publique. La quantité de partenaires n’est pas un gage de qualité
.

4. 10 projets laboratoires : objectifs et bonnes pratiques

Projection du film qui a été réalisé grâce à la FRB (lien)
Le partenariat entre le FBPSU et la FRB fut très court (seulement 1,5 an), mais le FBPSU a eu la volonté de laisser quand même des traces (lien vers le manuel papier et le manuel web).

Quelques recommandations tirées du projet :

Quelques conclusions :

5. Débat avec la salle

P. Moureaux :
Est-ce que l’insécurité ne vas pas monopoliser le débat participatif ? Nous devons être garants de l’équité procédurale. La participation doit-t-elle aller jusqu’à la codécision ? Oui, dans un contrat de quartier, mais il faut être plus nuancé pour la sécurité (cfr le contexte des émeutes).

Garance asbl :
Qu’est-ce qui est fait pour impliquer les papas ? L’asbl Garance relève aussi le biais méthodologique en ce qui concerne l’appellation "jeunes jugés dérangeants" qui visent exclusivement des garçons. Quid des activités pour les jeunes filles ?

Fonctionnaire de prévention d’Anderlecht : Lorsqu’on parle de jeunes , de qui s’agit-il ? Quel age ? La justice n’est pas assez représentée …

Véronique Ketelaer :
Le terme JJD (jeunes jugés dérangeants) a été un choix assumé par toute l’équipe. Les papas sont intégrés dans les actions. En ce qui concerne la justice, il y a déjà pas mal d’acteurs.

Mme. Pissart attire l’attention sur l’incompréhension à l’impunité et le mythe des jeunes filles qui ne dérangent pas.

Mme. Schaut insiste sur la géométrie variable de la participation. Certains investissent les réunions, d’autres les fêtes et certains autres peuvent être silencieux sans être manquants. Il ne faut pas rechercher la représentativité à tout prix.

P. Bodart, Periferia :
Comment fait-on si les canaux de communications n’existent pas ?

Jean-Pierre Goor, FRB :
Il se pose la question de représentativité dans la participation. Les femmes et les personnes agées sont surreprésentés. Et aussi les perspectives de la justice sociale : Comment faire participer les groupes les plus vulnerables ? ( ex. les handicapés d’Amay)

L’asbl Garance expérimente l’approche intergénérationnelle des femmes de plus de 55 ans avec des jeunes. Mais les jeunes étant la plupart du temps le public cible des contrôles policiers, ils ne coopèrent pas, voire sont réticents.

P. Bodart, Periferia :
Quid de la relation police-quartier ?

O. Slosse, policier sur Laeken est d’avis qu’il faut permettre que le dialogue ait lieu et profiter de toute occasion pour mettre les gens ensemble.

Fonctionnaire de prévention d’Anderlecht :
Les auteurs de sac-jacking à Anderlecht sont aussi les jeunes qui se plaignent des contrôles systématiques.

Marie Paule-Lolo, coordinatrice des travailleurs de rue de BRAVVO asbl
La collaboration dépend de la sensibilité des partenaires. En ce sens, la police de proximité est différente de la police d’intervention.

Pierre Oth, commissaire de la Zone Midi insiste sur le fait que les choses bougent.

P. Bodart pose la question de savoir quelle est la place du citoyen autre que celle de plaignant.

Mme. P. Targas, Namur : Il faut réunir les jeunes, la police et les habitants. La sécurité est en lien avec la l’insécurité.

J. P. GOOR, FRB : Il faut partir des plaintes individuelles pour arriver au collectif qui améliore le cadre de vie.

Namur
Le sentiment d’insécurité peut venir du sentiment d’isolement, sentiment que l’on s’occupe des gens seulement quand il y a de l’insécurité. Les jeunes qui créent de l’insécurité lancent en fait un appel à l’aide...

Ch. Pauporte, fonctionnaire de prévention de Saint Josse :
Avec ce manuel, on ferme une boucle rare et son contenu pourrait s’appliquer à d’autres champs.

L. Vereecher - CPAS BXL
Il faut impliquer dans le projet des urbanistes et des architectes.

O. Slosse, policier sur Laeken :
Comment provoquer le dialogue quand il n’existe pas ? Il faut permettre aux gens de se rencontrer. Il faut organiser des fêtes, des groupes de parole etc. Le but est de créer les conditions et non pas de les organiser.

V. Ketelaer :

Les médias sont très importants dans ce processus. Voir la journée sur l’insécurité et médias organisé à Charleroi (lien)

Cecilia Sanchez, coordinatrice de l’axe prévention par la gestion des conflits, BRAVVO asbl
La mobilisation citoyenne reste une pierre angulaire dans la participation citoyenne. Pour que la mobilisation soit possible, il faut le concours de tous les acteurs, ce qui aujourd’hui pose problème. La création des activités festives est essentielle pour créer un espace de rencontre. Les difficultés résident dans le manque de comités de quartiers et dans le peu de ressources disponibles.

6. Comment mieux répondre aux demandes de la population sur l’insécurité ?

La méthode MEDUC à Charleroi : Quid des jeunes dont tout le monde parle mais qui ne parlent jamais ? Les réponses des politiques sont parfois clientélistes, prononcées dans l’urgence, ce qui renforce les étiquettes. Il faut aller au coeur du problème c.à.d accompagner les jeunes dans leurs demandes. Le but de cette expérience n’est pas de se centrer sur le bien-être mais au contraire attaquer les nuisances de front.

Werner De Bus, Membre du Comité d’habitants Anneessens

La démarche du comité d’habitants Anneessens s’inscrit dans l’après coup du comité de quartier. Toutes les 6 semaines il y a une rencontre de ce comité au cabinet du bourgmestre. A Charleroi il y a une concentration des problèmes : chômage, 15% de sans papiers, logements vides, problèmes intergénérationnels, 15-20% de déménagements.

P. Bodart :
Dans ce contexte, le diagnostic marchant est la solution miracle. Le compte rendu de la marche a été relayé vers les élus et constitue le point de départ du changement. L’échange transfrontalier a également appuyé la démarche. Le diagnostic marchant a de l’intérêt quand il y a des personnes extérieures qui donnent un regard extérieur.

Cécilia Sanchez, coordinatrice de l’axe prévention par la gestion des conflits, BRAVVO asbl
Trois grandes étapes du comité d’habitants Annessens :

Werner DE BUS,
défis des comités d’habitants :

Maxime Daye, Echevin chargé des Animations de Quartier de la Communication et de l’Informatique de Braine-le-Comte
Il faut renforcer les maisons de jeunes car elles comptent de plus en plus d’inscrits. Renforcer aussi leur prise en charge. La participation citoyenne est dans ce contexte seulement une bonne alternative. L’insécurité est souvent due à la méconnaissance de l’autre.

Mme Van Laethem, Présidente du CPAS de Thuin et Initiatrice de la Politique des Quartiers
Il faut travailler en amont sur le sentiment d’insécurité. Il faut instaurer le dialogue et l’échange sur tout le territoire. Toutes les réunions doivent être publiques.

Anne Herscovici, Sociologue et Conseillère du CPAS d’Ixelles

L’occupation de l’espace public comme un espace de vie. Il est important que les exclus puissent avoir leur mot à dire et aient un lieu de parole au sein du CPAS.

7. Knelpunten : L’insécurité comme construction conflictuelle, A. Franssen, Sociologue chargé de cours aux FUSL

Pour plus d’informations

Pour plus d’informations :

L. NOLET, chef de projets FBPSU asbl

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