3.1.3. Le diagnostic marchant : ’’ensemble, analysons le quartier !’’
"Ensemble, analysons le quartier !"
C’est quoi ?
Le "Diagnostic marchant" est aussi appelé "marche exploratoire". Cette méthode participative consiste à rassembler les habitants, les techniciens et les politiques concernés pour une promenade dans un quartier afin d’en relever les points forts et les points faibles pour, ensemble, émettre des priorités en vue d’une amélioration du quartier. Elle est définie au départ de la démarche comme étant "un moyen de dresser une évaluation critique de l’environnement urbain dans ses dimensions de sécurité, de mobilité, de convivialité et de favoriser, à l’aide de nouveaux aménagements, une meilleure appropriation de l’espace public par les femmes (mais pas forcément) aux différents moments de la journée. La marche est effectuée par un groupe de femmes et d’hommes accompagnés par une animatrice-secrétaire. Les participant(e)s parcourent un secteur considéré comme problématique au niveau de la sécurité, la mobilité, la convivialité, etc. en utilisant une grille d’observations. L’analyse de ces observations doit déboucher sur des recommandations d’aménagements de l’espace public adressées aux décideurs locaux (source). Cette démarche prend davantage en compte la participation au processus de marche collective que des résultats proprement dits.
Atouts
- Permet de mettre en œuvre une démarche collective et ambulante pour observer, ressentir, comprendre, interpréter, évaluer et intervenir sur les situations urbaines provoquant un sentiment d’insécurité.
- Permet de faire un état des lieux d’un quartier en arpentant les rues et en relevant ce qui provoque un sentiment d’insécurité pour attirer l’attention des élus sur les éléments insécurisants.
- Permet de mettre rapidement les acteurs (élus, travailleurs, habitants) partenaires en situation de "co-produire" un discours collectif sur un espace donné et de "co-réaliser" un constat partagé, sur un pied d’égalité.
- Permet de faciliter les contacts informels entre partenaires (on se retrouve dans une situation informelle, inhabituelle, en marchant en rue).
- Permet de cibler les forces/faiblesses d’un quartier sur base du ressenti subjectif des habitants et/ou des professionnels.
- Permet de prendre connaissance du contexte des tensions locales (ex : faire un DM dans un contexte conflictuel).
- Permet d’évaluer les intérêts de chacun et les risques perçus.
- Permet de décrire et de s’exprimer, mais peut être aussi un outil d’aide à la décision.
- Permet d’aller à la rencontre des personnes, en les rencontrant sur le pas de leur porte, dans la rue.
Défis
- Solliciter le soutien du politique dès le départ de la démarche, de sa présence pour écouter et s’assurer qu’il tienne compte des résultats de la marche.
- Aborder la démarche dans une longue temporalité et appréhender avec souplesse et possibilité d’ajustements : au Canada, où cette technique fut créée, on conclut que cette méthode n’est plus conseillée sur des lieux où il ne sera pas possible d’aboutir à des changements (car pas de budget, pas de projets en vue au niveau politique, pas de capacité d’attirer l’attention du politique sur ces projets) car elle est alors davantage vectrice de frustrations que de progrès pour les acteurs (pour plus d’infos, voir le site du CIPC à Montréal).
- Désigner un animateur externe au quartier qui aura la tâche de faciliter la parole en fonction des participants, de tenir compte des rapports différents à la parole de chacun et de tous les impliquer dans le processus.
- Baser cette démarche sur l’expression orale qui induit des biais, ce qui nécessite de prudemment lui accorder du poids et de trouver la terminologie adéquate.
- Nécessiter de bien délimiter le quartier sur lequel le diagnostic marchant va être réalisé.
- La réussite du diagnostic marchant dépend de plusieurs facteurs liés au contexte de la marche, tels que :
- la constitution du groupe de marcheurs qui sont prêts à participer et qui voient un sens et un intérêt à leur participation ;
- la dynamique au sein du groupe ;
- la capacité des accompagnateurs à stimuler les marcheurs et à bousculer les idées toutes faites.
- Au préalable, avoir défini un calendrier reprenant les différentes étapes de validation du travail et s’assurer que des techniciens sont prêts à s’impliquer et seront présents pour écouter et apporter des informations.
- Synthétiser le diagnostic marchant sous forme de carnet ou de vidéo sur base de la production parfois très abondante de données sur un secteur.
- Restituer cette synthèse aux participants du diagnostic marchant et aux politiques pour que la démarche soit soldée par des décisions politiques dont les résultats sont perceptibles par les habitants et usagers du quartier.
Ressources nécessaires
- Définition préalable de l’itinéraire.
- Composition de groupes dirigés chacun par un guide.
- Elaboration préalable d’un listing aide-mémoire.
- Désignation d’un photographe (et/ou d’un vidéaste).
> Pour en savoir plus
- Fiches laboratoires de Bruxelles, La Louvière et Charleroi.
- Voir aussi la grille d’observation suivante qui a été réalisée dans le cadre du Diagnostic Local de Sécurité à Bruxelles :

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