3.1.1. Les groupes de parole et d’action
"Exprimer les choses pour la construction d’une compréhension collective"
C’est quoi ?
Les groupes de parole sont des moments de rencontre et de dialogue entre les habitants et usagers d’un même quartier "qui désirent progresser dans la connaissance des phénomènes auxquels ils sont confrontés, la planification de leur action et le développement de leurs compétences" (source). Ils rassemblent des personnes qui vivent des situations ou des événements assez proches pour se retrouver dans la dynamique/le contenu au sein du groupe. Ils visent une certaine hétérogénéité dans les raisons qui conduisent les usagers à participer. Dans tous les cas, l’entrée dans le groupe requiert la libre adhésion et l’anonymat.
Atouts
- Permet aux habitants de faire connaissance entre eux et avec les professionnels, d’exprimer comment ils vivent et voient leur quartier.
- Permet de laisser émerger les conflits, voire même d’en privilégier l’émergence de façon constructive.
- Permet de créer une cohésion sociale et un lien intergénérationnel entre les habitants du quartier.
- Permet d’élargir cette dynamique dans l’avenir à d’autres groupes existants ou à d’autres quartiers.
Défis
- S’assurer de la volonté d’implication du politique dans la dynamique du groupe de parole : qu’il s’engage à soutenir le cadre de la démarche.
- S’assurer d’avoir le soutien interne des services du projet, mais aussi au niveau logistique et scientifique car ces soutiens sont des atouts majeurs de réussite du projet (personnel à disposition, lien avec des stagiaires universitaires).
- Réfléchir aux moyens de mobilisation du public préalables et au message véhiculé dans les invitations, flyers, affiches, liens Internet, logo…
- Clarifier régulièrement les objectifs de base du projet avec les partenaires en début de processus et les intégrer de suite tous les acteurs pour la définition du projet.
- Passer du temps à déterminer collectivement la méthodologie et le fonctionnement des espaces de paroles.
- Etablir des priorités dans les enjeux de ce qui doit être discuté tous ensemble car tout ne doit pas l’être en permanence.
- Veiller à tenir compte des préoccupations et solutions proposées en termes de résolution de problèmes.
Défis spécifiques à l’animation
- Faire perdurer le groupe de parole dans le temps.
- Avoir un animateur compétent qui préserve la motivation du groupe et désigner un co-animateur qui donnent ensemble un cadre à la réunion, assurent le respect de règles communes dans l’expression de chacun et sont attentifs au timing (bien débuter et clôturer la réunion).
- Débuter la réunion en s’imprégnant de et en imprégnant l’espace physique, en expliquant les règles communes et les objectifs du dispositif ;
- Présenter les participants, l’équipe d’animation, son positionnement et les outils proposés.
- Pour ouvrir le débat sur l’état des lieux du quartier, compter sur la qualité de l’animateur pour :
valoriser les comportements et les interventions : garder un temps pour le "déversoir" que peut être le groupe de parole et détourner les charges négatives en termes positifs : "Pourquoi j’aime mon quartier et quels seraient les points à améliorer ?" ;
recadrer en laissant une porte ouverte pour pouvoir questionner et reposer ponctuellement les enjeux et règles ;
créer du lien et réagir par rapport aux agressions ;
décloisonner des personnes ayant des compétences et des zones d’influence et de préoccupation différentes, ce qui pose la question du passage de l’individuel au collectif aussi bien au niveau des contenus que de la forme de la gestion de projet ;
travailler à l’ouverture de la dynamique ; - Clôturer la réunion et expliquer les suites qu’on y donne et l’évaluation prévue : en signe de reconnaissance pour leur implication dans un moment partagé collectivement, remercier les participants et prévoir un moment d’informalité (un verre ou un en-cas ouvre l’espace d’informalité propice aux débats et à d’autres paroles qui se libèrent).
Ressources nécessaires
- Formation à l’animation des groupes de parole avant de lancer le premier groupe de parole (mises en situation et techniques des jeux de rôle).
- Offre de formation aux partenaires, ce qui permet de directement se former dans un contexte presque réel.
- Détermination du rôle et de la position de l’animation, du lieu, de l’horaire, du contenu et de la diffusion de l’invitation, du cadre à donner, et du programme d’activité(s) envisagée(s), de leur contenu, de la méthode et des suites à donner à l’espace de parole ;
- Co-animation du groupe de parole par deux partenaires différents pour permettre d’établir une relation de confiance au sein du partenariat et de fonder la dynamique du projet.
- Outils mobilisables pour un espace de parole :
Présentation Power Point (en veillant au risque que cet outil soit perçu comme pré-imposé et sans modification possible) ;
Exploitation de photos, films, cartes et plans ;
Mobilisation de flip charts reprenant les axes du débat : ce support présente un aspect visuel très important, il est plus malléable que le Power Point et permet d’interpréter, de dévier et de s’approprier les instruments proposés par l’animation, mais il requiert un temps d’élaboration collective pour construire les points de référence par rapport auxquels il est important de pouvoir se situer.
Après la réunion, élaboration de traces écrites. Celles-ci sont des supports montrant qu’il est possible d’accumuler des connaissances à partir des groupes de parole. Elles étoffent la réflexion. Renvoyées à tous les participants, elles font perdurer le sens de ce qui a été exprimé, le préserve et le mettent en lien avec les différents points de vue, ceci dans des paragraphes titrés qui structurent les idées, mettant en lumière des sujets à approfondir lors des espaces de paroles suivants.
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