2.3 La Louvière, quartier de Bois-du-Luc
Comment les habitants d’un quartier se font-ils entendre ?
| La Louvière
Quartier des carrés de Bois du Luc et centre communautaire Houdeng (seniors)
Population : 80.000 habitants pour 64,2 km² |

LE LIEU
Les Carrés de Bois du Luc, ancien quartier de mineurs, caractérisé par sa disposition particulière en carrés formant un ensemble clos à accès unique, en dehors de la Ville. Les habitations y sont des petites maisons ouvrières rénovées et transformées en logements sociaux.

LE PUBLIC CIBLE
Les habitants des Carrés de Bois du Luc, en majorité des familles.
LE THEME
Il s’agit de travailler sur le sentiment d’insécurité des habitants dans un quartier isolé et fermé sur lui-même.
LES OBJECTIFS
- Organiser des rencontres citoyennes, en partant d’un groupe d’habitants déjà constitué.
- Ouvrir le dialogue avec les autorités.
- Elaborer un diagnostic du sentiment d’insécurité.
- Mettre en place des actions de prévention concertées.
L’HISTORIQUE
Durant l’été 2007, lors des permanences sociales hebdomadaires du CPAS de La Louvière émerge une prise de conscience : "Bois du Luc" et "Houdeng", deux quartiers perçus comme "délaissés" par les autorités locales, semblent être devenus des zones de non droit particulièrement touchées par des faits d’incivilité.
Suite à une réunion avec les partenaires locaux, les travailleurs sociaux de terrain constatent que Houdeng ne connaît pas (ou plus) réellement de sentiment d’insécurité. Le laboratoire est donc appelé à se concentrer uniquement sur le quartier de Bois du Luc.
Au cœur du travail : l’animation d’un groupe de parents du quartier, "Le Groupe des Papas et Mamans solidaires", qui témoigne de l’intérêt des habitants pour leur lieu de vie. Ils sont en effet désireux d’améliorer l’état du quartier et de s’impliquer dans une démarche de participation. Un partenariat local sur le thème du sentiment d’insécurité se met en place.
Le groupe fait ses premiers pas en préparant un diagnostic marchant, avec l’aide de Periferia, association travaillant sur la participation citoyenne. Cette expérience se base sur un échange de savoirs et de bonnes pratiques d’un collectif lillois : "Paroles d’habitants". Expérimenté en marches exploratoires, ce groupe apporte son expertise et soutient le groupe de Bois du Luc.
Le diagnostic marchant dont voici la synthèse est organisé en mai 2008 dans les Carrés de Bois du Luc. Il permet de mettre à plat les constats des habitants. La discussion est ouverte avec les autorités locales lors d’une réunion en décembre 2008. Des propositions sont étudiées, comme l’adaptation des activités pour jeunes, la sensibilisation à la prévention des drogues, l’aménagement urbain, le lien avec l’agent de quartier...
LE PROCESSUS DU LABO
Le porteur
Le CPAS de La Louvière (Service des Affaires sociales).
Le pilote politique
Aucun. Le projet est entièrement porté par la direction des Affaires sociales du CPAS.
Les partenaires
"Le Groupe des Papas et des Mamans solidaires" et l’asbl "Paroles d’habitants" de Lille.
Il a été décidé de partir de la demande des habitants pour légitimer une action multi acteurs. A terme, un partenariat avec la Coordination sociale et la Police locale est envisagé.
Les réalisations
- Valorisation d’un collectif d’habitants (20 personnes) et recentrage du site d’action : Bois du Luc.
- Partenariat en alter ego avec un groupe d’habitants de Lille : convention entre le CPAS de La Louvière et l’asbl "Paroles d’habitants" de Lille pour réaliser le diagnostic marchant dans la perspective d’échanges de pratiques participatives.
- Diagnostic marchant dans les Carrés de Bois du Luc en mai 2008 en présence d’habitants et de techniciens locaux et réalisation d’un rapport et d’une vidéo sur les forces et faiblesses du quartier.
- Animations de convivialité par le groupe d’habitants dans le quartier (théâtre, barbecue).
- Réunion de concertation le 11 décembre 2008 entre les habitants, la Coordination sociale, les acteurs de prévention et de sécurité et les élus sur les recommandations du diagnostic marchant.
Les atouts
- Le projet s’est fondé sur un consensus : tous les acteurs professionnels de la Coordination sociale étaient d’accord pour partir de la demande des habitants.
- Le groupe d’habitants existait déjà et était connu et reconnu par le quartier.
- La permanence sociale hebdomadaire du CPAS, structure bien intégrée au quartier, a permis d’assurer un suivi régulier du projet.
- L’échange des pratiques a été particulièrement riche, avec des partenaires externes : Periferia pour l’accompagnement méthodologique dans le cadre du laboratoire et le collectif "Paroles d’habitants" de Lille pour réaliser le diagnostic marchant et encadrer son suivi.
Les difficultés
- Le projet n’a bénéficié du soutien d’aucun porteur politique.
- La communication et la collaboration ont parfois été difficiles au sein des services institutionnels.
- Des lenteurs administratives dans l’élaboration de convention de partenariat (avec Lille) a pu démotiver les forces vives porteuses du projet à certains moments.
Les perspectives
- Etablir une concertation avec les acteurs des logements sociaux pour améliorer l’état du bâti (facteur du sentiment d’insécurité).
- Renforcer les actions préventives dans le quartier. La permanence hebdomadaire du CPAS a permis d’engager un dialogue parents/enfants sur l’usage et la prévention des drogues, qui est amené à être intensifié par des collaborations avec les acteurs de la coordination sociale (organiser des actions relatives à la réduction des risques).
- Poursuivre les visites d’échanges de pratiques concernant les collectifs d’habitants et la participation citoyenne (Lille).
- Organiser des animations communautaires (par le groupe d’habitants).
Les techniques utilisées
- Diagnostic marchant (usage de vidéo et dépôt d’un rapport imagé des constats et propositions du groupe).
- Groupes de parole.
Les ressources
- Financement de 5.000 € de la Fondation Roi Baudouin (dans le cadre du projet : "Le sentiment d’insécurité, c’est notre affaire" - 2007) pour payer l’accompagnement méthodologique du collectif lillois.
- Un assistant social du CPAS (permanence).
- Un local à Bois du Luc où se font les réunions du Groupe des Papas et Mamans solidaires.
- Une salle communautaire pour les réunions de synthèse après le diagnostic marchant.
Les personnes de contact
Dominique COBUT, assistante sociale à Bois du Luc, tél : 064/33.94.00, mail
Grégory LACHAPELLE, Cellule prospectives du Service Social du CPAS, tél : 064/88.52.48, mail
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